jeudi 12 février 2009

Mustapha Kasri s'est étteint





Mustapha El Kasri,poète et homme de lettres nous quitte à l'âge de 86 ans
Il est le premier traducteur arabe de l'Œuvre d'Antoine de Saint Exupéry "Le Petit Prince" et "Les fleurs du mal" de Charles Baudelaire. Il a également traduit en langue arabe "Les Caractères" de La Bruyère, "Les maximes" de François de la Rochefoucauld, des poèmes de Saint John Perse, de Mallarmé, Paul Valéry, Victor Hugo, de l'Espagnol F. Garcia Lorca, de l'indien Rabindranah Tagore et en langue française des poèmes de Nizar Kabbani.
Il est aussi l'auteur d'une monographie en langue arabe sur la rose "Kitab Al Ward" et de monographies notamment sur le peintre Belkahia.
Fin érudit, il a co-réalisé, avec Brigitte Fournaud, une encyclopédie "Connaissance du Maroc" (12 volumes - Ed. Okad), dirigé deux volumes de la "Grande Encyclopédie du Maroc" et collaboré dans 7 volumes du "Mémorial du Maroc" de feu Larbi Essakalli.

M. Kasri, par lui-même

Quel éloge peut-on faire de moi ? Ce que je peux dire, c'est que j'ai eu trois vies, une vie de militant où j'ai accompli mon devoir de résistant et où j'ai été en prison à trois reprises, où je me suis investi dans le travail syndical, j'ai fondé avec Mahjoub Benseddik l'UMT. Une vie dans l'administration où j'ai occupé le poste de chargé de mission auprès de M. Boutaleb, directeur des PTT, puis à Tunis secrétaire des affaires maghrébines, puis chargé de mission auprès de Ahmed Osman alors Premier ministre.
J'ai été ensuite nommé ministre plénipotentiaire à Washington puis SG à l'information avec M. Khattabi et enfin chargé de mission au cabinet royal jusqu'à mon détachement à l'ISESCO avec M. Boutaleb.

Parallèlement, j'ai entrepris la traduction de grands auteurs que nous avons cités, j'ai également écrit nombre d'articles de fond sur Averroès Ibn Khaldoun, sur les tribus arabes. Lorsque j'ai perdu la possibilité d'écrire et de lire, je me suis rendu compte de toute la richesse accumulée qui donne encore un sens à la vie. J'ai aussi un retour des professeurs d'université qui commencent à transmettre ces œuvres traduites à leurs élèves.

Il y a aussi les théoriciens de l'école de traduction de Tanger. On a également comparé ma traduction notamment celle du poème «Etroits sont les vaisseaux » à celle d'Adonis professeur à la Sorbonne et c'est ma traduction préfacée par l'ancien Premier ministre tunisien Mohamed Mzali qui a été retenue par les Cahiers de saint John Perse, c'est dire si j'en suis flatté.    

vendredi 16 janvier 2009

Au delà des pleurs et des lamentations

Les pleurs sur le mort sont une pure perte comme dit l’adage populaire.

Le jour ou on essuiera nos larmes pour ne plus pleurer, on aura compris que nos malheurs antérieurs provenaient en grande partie de nous mêmes.

Ce jour là, on reconnaitra nos erreurs, notre faiblesse et pour tout avouer notre décadence.

Le lendemain, notre histoire sombre et trébuchante reprendra à pas surs et décidés son cours normal pour marcher de l’avant, rattraper les lumières de la civilisation ratées dans le gouffre de la déchéance.

Dès lors, le temps s’égrènera aussi pour nous, comptera pour nous, nous accompagnera vers la délivrance, celle d’un peuple qui aura repris rendez vous avec l’histoire, avec la ferme intention de recouvrir sa dignité, sa force et le respect des autres.